Crocs : une entreprise mixte tout couleur !
A lire cet article du journal Le Soleil, les chaussures Crocs ne feraient pas bonnes que pour les pieds ! Elles donneraient aussi une sacrée chance à la mixité sociale...
Le lundi 23 avril 2007
IMMIGRATION
Une plus-value pour les entreprises, estime M.-C. de Billy
Le Soleil
Québec
« Les travailleurs étrangers ne sont pas une contrainte dans les entreprises québécoises, au contraire, ils sont une plus-value, affirme Marie-Claude de Billy, vice-présidente de Créations Foam. Ils intègrent leur façon de faire à notre culture et c’est très productif. »
L’entreprise qu’elle a fondée, il y a 12 ans, avec son conjoint Andrew Reddyhoff fabrique les sandales CROCS aujourd’hui vendues partout sur la planète. Mais ce succès fulgurant a engendré une grosse difficulté : celle de trouver en l’espace de 15 mois près de 400 nouveaux employés dans une région où le taux de de chômage avoisine 5 %.
Un défi d’embauche qu’elle a partagé, hier, avec des gens d’affaires qui participaient à un séminaire portant sur le recrutement et l’intégration des travailleurs immigrants. L’activité était organisée par la Chaire Stephen Jarislowsky de l’Université Laval.
Dans la manufacture du parc Saint-Malo, un tiers des 850 travailleurs de Créations Foam sont étrangers. Ils proviennent de 45 pays. « Chez nous c’est multiculturel, multiethnique, n’hésite pas à dire Mme de Billy. Et l’intégration de nos employés débute dès l’arrivée à l’usine parce qu’on a un tableau d’honneur sur lequel apparaissent les drapeaux respectifs de leur pays. Un geste simple, dit-elle, mais qui contribue à leur dire qu’ils sont les bienvenus. »
Selon Mme de Billy, la démarche d’intégration des travailleurs immigrants commence aussi avec l’entrevue. « Il faut s’intéresser à leur histoire, les laisser se raconter parce que beaucoup d’entre eux ont dû quitter leur pays à cause de la guerre et de conflits. Et la plupart sont heureux d’en parler », dit-elle.
Recrutement à Québec
Malgré les nombreux postes à combler, Créations Foam n’a pas mené de campagne à l’étranger. « On savait qu’il y avait des immigrants à Québec, poursuit Mme de Billy. On s’est tout simplement intéressé à eux. Par la suite, le bouche à oreille a fait le reste. » D’après elle, la bonne réputation d’une entreprise contribue aussi à attirer des candidats.
Sans vouloir donner de recette, Mme de Billy estime qu’il faut adopter une politique de chances égales pour tous si l’on veut conserver l’harmonie dans l’entreprise. « Notre philosophie, c’est de mettre la bonne personne au bon endroit sans distinction de race, de sexe ou de religion. Tous nos travailleurs peuvent rêver d’un plan de carrière », dit-elle, et obtenir des promotions au sein de la compagnie.
Créations Foam a même créé un programme de retour aux études. « Si quelques-uns veulent aller au cégep ou à l’université. On leur fournit une aide financière et un horaire allégé. Et s’ils ont besoin d’argent pour aider leur famille ou rencontrer une échéance, nous leur en prêtons. Pour nous c’est peu, mais pour eux, ça peut changer le cours de leur vie. »
Et malgré les nombreux défis que pose Créations Foam, Marie-Claude de Billy s’est donnée l’objectif de développer au cours de l’année des activités culturelles avec les diverses communautés de son entreprise. " Pour moi, il est très important d’apporter à ces gens venus d’ailleurs, quelque chose d’autre qu’un travail, d’être respectueux de leur passé et de leur avenir ".